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Un peu de liberté retrouvée

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En échange d'un pot de moutarde de Dijon, acheté lors d’une escale dans la célèbre cité bourguignonne, mon amie Bhawna m'apporte le traditionnel Pongal, sucré et salé. Ce plat éponyme avec la grande fête tamoule célébrée actuellement. Aujourd'hui, deuxième jour du festival qui en dure quatre, je me suis levée tôt afin de découvrir les kolams plus magnifiques les uns que les autres qui colorent toutes les rues de la ville à l'entrée des maisons. L'agitation était palpable hier soir déjà, dans un incessant ballet de véhicules surchargés -la famille entière sur le deux-roues pour la circonstance- où trônait à l'arrière un petit et haut bouquet de canne à sucre. Pongal est calée sur le calendrier lunaire, cette fête célèbre l'abondance des récoltes. Après avoir jeté et brûlé en famille les vieux vêtements, le premier jour chacun achète de nouveaux habits, symbole d’une nouvelle vie. Le deuxième jour, le plus important, est consacré à la cuisson du riz, du lait e...

Parfum d'un monde nouveau

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Héritage tangible de la colonisation britannique, la conduite à gauche, au guidon de la TVS rouge, n'est pas le plus surprenant ce matin au sortir des sept jours de ma quarantaine volontaire. J'avoue avoir ressenti ce syndrome de ne plus avoir envie de mettre le nez dehors après ces longues périodes de confinements et de déconfinements successifs qui m'ont offert un paysage social bien différent ces dix derniers mois. Je suis partie de France alors que ma Bourgogne natale resserre les boulons des horaires du couvre-feu et qu'à Pondy tout semble comme avant ce fameux soir de mars où l'Inde s'est paralysée en moins de quatre heures chrono. Je n'ai pas perdu la souplesse nécessaire à la conduite sur Mission Street et Gandhi Road ce matin mais je dois avouer que je suis revenue épuisée de ce chaos si indien entre klaxons ininterrompus, piétons innombrables, véhicules en tout genre à contresens et la grouillante vie des rues si familière et toujours aussi surpren...

Chronique d'un retour annoncé

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L e ciel est immanquablement blanc en ce début d’année 2021. Il ne s’agit pas de celui des temps neigeux et silencieux de Bourgogne que j’aime tant. C’est le ciel d’un hiver tropical, d’une mousson qui n’en finit pas ; pour le plus grand bénéfice des nappes phréatiques assoiffées par les dernières années d’intense sécheresse.  La végétation luxuriante, les couleurs vives et chatoyantes, les échoppes aussi petites que multiples et variées tout au long des neuf heures de la route chaotique entre Bangalore et Pondichéry, en témoignent : nous sommes bien en Inde en ce petit matin pluvieux du dernier jour de 2020. Je suis de retour chez moi. Retrouver l’air frais et humide est si bon après un voyage aussi fluide qu’il pouvait paraître compliqué avant le départ. Il faut avouer que l'aérogare de Paris-Charles de Gaulle ressemblait plus à une future scène de Matrix 4 qu'à un départ en voyage : dans la salle d'embarquement quelques silhouettes aux yeux bridés visibles malgré des com...

Chronique du solstice 19#

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Selon le Journal de Saône-et-Loire, le loup pourrait revenir… L’emploi du conditionnel est de rigueur en ces temps incertains où ce qui semble manquer à chacun est la certitude. Faire des projets, imaginer, prévoir, ce moteur si prégnant habituellement. Cela m’interpelle aussi quant à la difficulté d'être dans le moment présent. Pour autant, certains font des projets, timidement, tiraillés entre envie et réalité, d’autres continuent sans limitation en étant dans la vie, tout simplement. Ici, en France, les conversations vont bon train sur la décision de se vacciner ou pas. Et comme toujours en France, les débats sont tranchés. En Inde, tout semble plus discret, la vie reprend, nécessité oblige. Les préoccupations économiques du moment en général et celles des paysans en particulier occupent le devant de la scène. On manifeste toujours à Paris et à Delhi, avec plus ou moins de violence dans l’encadrement des manifs et des manifestants. Entourée de proches qui n'ont jamais ma...

Au revoir uncle Paul

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Uncle Paul est mort ce soir, tout doucement et calmement, à la maison.  Les temps actuels ont du bon quand ils permettent de partir entouré des siens plutôt que privé de ses proches comme ce peut être le cas dans les hôpitaux et autres endroits réservés à nos aînés -je ne cite pas le nom, c’est tellement moche. Les lieux de soins sont des endroits où il vaut mieux ne pas mettre un pied en ces temps particuliers ; au risque de ne pas en ressortir, ou d’y être seul, isolé. Il n’est pas toujours facile de comprendre où nous en sommes des règles à respecter. Ce qui est clair, c’est qu’hier, en intervenant auprès des élèves du Lycée à la découverte olfactive des huiles essentielles,  je comprends avec effroi que les élèves et les professeurs ne connaissent pas leurs visages respectifs. Juste en soulevant à peine le masque pour humer les extraits de plantes à découvrir, ils aperçoivent ainsi des visages inconnus depuis septembre. Depuis le début d’année, chacun avance le visag...