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Le politique et le sacré

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La pleine lune orangée se lève majestueusement sur la Baie du Bengale. Me voici à nouveau sur ma terrasse en cette journée qui marque le retour d’un confinement complet à Pondichéry. Le virus s’est emparé de l’Inde pour en faire son épicentre comme titre la presse internationale ; un tsunami, peut-on lire dans les médias pour reprendre un terme bien connu ici, tant les stigmates sont encore palpables un peu plus de seize ans après la gigantesque vague qui à l'époque emmena tout sur son passage.  Malgré les signes tangibles du basculement vers une deuxième vague dès janvier, en début d’année, le gouvernement se félicitait d’avoir éradiqué la Covid et de l'atteinte du seuil d’immunité collective… Il est clair que la pandémie aime la densité de population et en Inde nous sommes servis. C'est dans les grands centres urbains que tout a flambé il y a plusieurs semaines, et c’est à Delhi et Mumbai qu’aujourd’hui la situation devient incontrôlable. Si l’on joue à l’apprenti statist...

Voyager c'est vivre...Corona is back?

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To travel is to live -voyager c’est vivre-, c’est l’habillage du bus, coloré et lumineux telle une boite de nuit ambulante, qui me dépasse hier au retour d’Auroville sur ma TVS rouge. Je souris intérieurement. Un an déjà. Me vient un slogan qui pourrait être un peu plus d'actualité... Vivre est un voyage... Faut-il renoncer pour mieux avancer ? C’est bien un voyage intérieur qui nous est proposé.  La passionnante émission d'Adèle Van Reeth, les chemins de la philosophie sur France Culture, entendue ce matin au réveil, nous invite à nous poser cette question. Questionnement central dans la Bhagavad-Gita ; l'œuvre indienne la plus lue et traduite dans le monde. Ce poème mystique et philosophique est un épisode du célèbre Mahabharata célébré par la mise en scène de Peter Brook et l’adaptation de Jean-Claude Carrière au Festival d'Avignon. Les spectateurs ayant assisté aux neuf heures de la représentation de cette interprétation dans la cour d’honneur du Palais des papes en...

Le pays des festivals

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La légende dit qu’à choisir entre manger ou voyager, les Bengalis préfèrent voyager. C’est tout dire, sachant qu’on ne rigole pas avec la nourriture en Inde. Je me régale toujours avec l’huile et les graines de moutarde si caractéristiques de la cuisine bengalie de mon amie et professeure d’anglais aux premières heures de ma vie en Inde : Ananya. Cuisiner, partager de la nourriture est un véhicule d’amour en Inde et voyager est très ancré pour tous. Le train est le mode de transport à grande distance le plus utilisé et aussi l’un des plus longs et des plus chargés au monde. Héritage de la colonisation britannique, il rend si pittoresque et aventureuse la découverte du pays.   Si en ces temps si particuliers, le tourisme international n’est plus de mise, les rues de Pondy ne désemplissent pas des voyageurs venus des quatre coins de l’Inde.  Je retrouve avec joie mon ami cashmerie Ishfaq. Il arbore un sourire et une forme physique qui me rassurent après ces longs mois d’absence ...

En attendant Godot...

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Une nouvelle qui va en réjouir plus d’un, le Ministère de la Santé indien annonce l’ouverture prochaine des e-visas...médicaux. En plus d’être devenue la pharmacie du monde, l’Inde est aussi numéro 1 du tourisme médical. J’ai un peu de mal avec l’association des deux mots, même si je reconnais qu’ici on peut faire l’expérience du meilleur comme du pire en termes de soin. Je suis toujours véhémente sur la nécessité de ne pas être malade en Inde, ni d’avoir un accident pour éviter tout séjour à l'hôpital. L’expérience hospitalière est certainement le paroxysme de l’interculturel dans le sous-continent indien. Néanmoins, je suis suivie ici par le meilleur dentiste que je n’ai jamais connu et le souvenir de la cure ayurvédique dans le Kerala reste pour moi comme une grande expérience de santé. Sur ce sujet comme pour tant d'autres en Inde, nous sommes bien en terre de contrastes. Après un séjour solitaire de quelques jours à l’hôpital, ma mère est rentrée chez elle. Pour d’autres r...

Corona is gone ?

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Esther, qui habite tout près dans le village des pêcheurs de Vaithikupam, me raconte combien les derniers mois ont été éprouvants économiquement : plus de clients pour ses massages et soins de beauté à domicile, elle a dû faire face à la situation grâce à la générosité des uns et des autres et à sa foi inébranlable. Elle a l’art de raconter des situations dramatiques dans des éclats de rire. C’est toujours une bonne leçon pour moi. Elle témoigne de ses prières continuelles, elle est catholique, reliquat de la colonisation française et portugaise en Inde. Dans son “broken english” je comprends néanmoins clairement la situation. Tout le monde souffre, je prie pour que nos enfants ne connaissent pas cela, dit-elle.   Autre signe de changement, une des dernières fermes de la Papamail Koil Street vient de disparaître au pied de mon immeuble. Hier soir, en portant mon compost aux vaches qui depuis des années n’avaient plus beaucoup de verdure, je m'aperçois que le béton a encore frappé....

Un peu de liberté retrouvée

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En échange d'un pot de moutarde de Dijon, acheté lors d’une escale dans la célèbre cité bourguignonne, mon amie Bhawna m'apporte le traditionnel Pongal, sucré et salé. Ce plat éponyme avec la grande fête tamoule célébrée actuellement. Aujourd'hui, deuxième jour du festival qui en dure quatre, je me suis levée tôt afin de découvrir les kolams plus magnifiques les uns que les autres qui colorent toutes les rues de la ville à l'entrée des maisons. L'agitation était palpable hier soir déjà, dans un incessant ballet de véhicules surchargés -la famille entière sur le deux-roues pour la circonstance- où trônait à l'arrière un petit et haut bouquet de canne à sucre. Pongal est calée sur le calendrier lunaire, cette fête célèbre l'abondance des récoltes. Après avoir jeté et brûlé en famille les vieux vêtements, le premier jour chacun achète de nouveaux habits, symbole d’une nouvelle vie. Le deuxième jour, le plus important, est consacré à la cuisson du riz, du lait e...

Parfum d'un monde nouveau

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Héritage tangible de la colonisation britannique, la conduite à gauche, au guidon de la TVS rouge, n'est pas le plus surprenant ce matin au sortir des sept jours de ma quarantaine volontaire. J'avoue avoir ressenti ce syndrome de ne plus avoir envie de mettre le nez dehors après ces longues périodes de confinements et de déconfinements successifs qui m'ont offert un paysage social bien différent ces dix derniers mois. Je suis partie de France alors que ma Bourgogne natale resserre les boulons des horaires du couvre-feu et qu'à Pondy tout semble comme avant ce fameux soir de mars où l'Inde s'est paralysée en moins de quatre heures chrono. Je n'ai pas perdu la souplesse nécessaire à la conduite sur Mission Street et Gandhi Road ce matin mais je dois avouer que je suis revenue épuisée de ce chaos si indien entre klaxons ininterrompus, piétons innombrables, véhicules en tout genre à contresens et la grouillante vie des rues si familière et toujours aussi surpren...